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Mercredi 19 juillet, l'équipe de la Maison Matisse a eu la fierté de recevoir, des mains de Caroline Rosnet, présidente de l'association Môm'Art, le trophée "Prix du Jury - Coup de coeur", qui récompense notre investissement envers les familles visitant la Maison! Une belle récompense que nous nous efforcerons de continuer à mériter, en accueillant tous nos visiteurs comme il se doit! 


EXPOSITION EN COURS...

Tout au long de l'année, 4 expositions temporaires gratuites et accessibles à tous permettent de découvrir les créations d’artistes contemporains.

Découvrez notre tête d'affiche du moment...


16 octobre 2017- 15 janvier 2018

Romain DOREZ

"Un pas dans l'atelier"

 

Ses créations, Romain Dorez, artiste amiénois né en 1989, les a voulues porteuses de cette double lecture nécessaire à leur compréhension. Au-delà de la simple séduction de l’œil, attiré par les traits de contour assurés, ou par les coulures de peintures aux tonalités vives, les toiles de Romain nous livrent leurs messages.

 

Ce qui frappe d’abord dans cet univers foisonnant, c’est l’impressionnante culture graphique qu’il suppose, nourrie de lectures de comics et de bandes dessinées, mais aussi de visionnages de films, séries et autres dessins animés. Ses inspirations, l’artiste avoue les trouver partout, d’une couverture de magazine à un programme télévisé visionné d’un œil distrait, au détour d’une séance de zapping… le propre de l’artiste étant de se nourrir de chaque vibration du quotidien.

 

S’il considère Van Gogh comme son maître, nombreuses sont les correspondances que l’on peut établir entre son œuvre et celle de Warhol, Lichtenstein ou encore Picasso. Le pop art influence son langage plastique ; on retrouve chez lui les coulures maîtrisées ou plus sauvages d’un Pollock ou d’un Basquiat, quelques symboles emblématiques de l’œuvre de Keith Haring, comme la couronne ou l’auréole… et puis, comme une évidente passerelle, le vocabulaire du street art, les traits nets de Monsieur Le Chat et de Speedy Graphito ou encore les traînées de peinture de C215.

        

En quelques années la vision de Romain s’est affûtée et son travail a ainsi nécessairement évolué. En 2013, à sa sortie de licence d’arts plastiques, ses premières œuvres sont des papiers minutieusement découpés, véritables saynètes miniatures. Il s’essaye ensuite au montage photo et même à la mosaïque, avant de se plonger dans les expérimentations à l’acrylique. Ses premières toiles fourmillent de détails, les personnages s’y pressent, les symboles s’y entremêlent. Fondateur avec un ami du collectif Comix’art, Romain évolue ensuite seul, et expose, à Bordeaux, Rennes ou Paris, ses œuvres représentatives de ce nouveau courant qu’est le « geek-art ».

 

Œuvres récentes, les toiles présentées entre nos murs adoptent plutôt le format du portrait, mais la technique n’en est que plus riche. Boulimique de travail, Romain travaille toute la journée dans son petit atelier, qu’il décrit comme une bulle de calme et de création. Un fond musical ou une série en boucle sur l’ordinateur y constituent la nécessaire mise en condition d’un travail minutieux. Après une esquisse au crayon, l’acrylique, souvent en larges aplats, prend le relais ; les détails sont ensuite exécutés finement au marqueur. Enfin, la pulvérisation de peinture en bombe à travers les orifices d’une grille perforée et le « dripping » (ou projection d’éclaboussures à la volée sur la toile) parachèvent le travail. Dans cet état créatif qui dure parfois plusieurs heures d’affilée, Romain commence une œuvre, revient sur une autre, en corrige une troisième, travaillant ainsi parfois sur sept ou huit œuvres à la fois. Prolifique, il exécute ainsi une vingtaine, voire une trentaine, de créations par mois.

 

Sa série de clins d’œil aux maîtres et aux œuvres iconiques de l’histoire de l’art, très récente puisqu’elle n’a que six mois, est un bel exemple de ce travail complet : ici, c’est la Joconde, sous les traits de la Belle de Disney, qui nous adresse son énigmatique sourire ; là, Félix le Chat réinterprète avec bonheur les rectangles rouge, bleu et jaune, de Mondrian ; là–bas encore, c’est au « Fils de l’Homme » de Magritte, et à son visage dissimulé derrière une pomme, que fait allusion « Le Fils des Saiyans » tout droit sorti d’un manga japonais. Ecologie avec « 100% OGM », malbouffe avec la « Fat Mermaid » ou encore réseaux sociaux, Romain aborde les problématiques les plus brûlantes sans gêne aucune, et au travers de personnages connus de tous, ce qui en renforce encore l’impact. L’œuvre la plus troublante est sans nul doute ce triptyque baptisé « Hypnose », et ses personnages si familiers, Mickey, Donald, Dingo, et leur regard halluciné dans lequel on se perd, la neige des écrans cathodiques qui défile inlassablement dans leurs prunelles ne reflétant que trop bien le profond vide des réalités virtuelle vécues par écran interposé.

 

 

Entre jeu et réflexion, entre rire et grimace, Romain tisse à  travers ses œuvres la passerelle salutaire entre l’enfant qu’il fut et l’adulte qu’il est, et nous invite, le temps d’une promenade dans son atelier, à faire de même.

 


Découvrez le travail de Romain Dorez sur son site : http://dorezromain.wixsite.com/dorezromain