événements


 

 

 

Mercredi 19 juillet, l'équipe de la Maison Matisse a eu la fierté de recevoir, des mains de Caroline Rosnet, présidente de l'association Môm'Art, le trophée "Prix du Jury - Coup de coeur", qui récompense notre investissement envers les familles visitant la Maison! Une belle récompense que nous nous efforcerons de continuer à mériter, en accueillant tous nos visiteurs comme il se doit! 


Les Journées européennes du patrimoine, 16 et 17 septembre 2017

"Les aventuriers de Bohain : à la recherche du trésor perdu"

Une chasse au trésor en ville , gratuite pour petits et grands! renseignements au 09.64.43.84.63 ou par mail : maisonmatisse@bohainenvermandois.fr


EXPOSITION EN COURS...

Tout au long de l'année, 4 expositions temporaires gratuites et accessibles à tous permettent de découvrir les créations d’artistes contemporains.

Découvrez notre tête d'affiche du moment...


16 juillet - 15 octobre 2017

BEATRICE DEMORY-LEMAI

"ANAMORPHOSES"

  Nous accueillons, de juillet à octobre, une artiste atypique : passionnée par les arts du feu et aimantée par un viscéral besoin de créer, Béatrice Demory-Lemai nous fait les honneurs de son univers unique, marqué au sceau de la passion.

L’apparente fragilité des réalisations de céramique et de verre présentés entre les murs de la Maison Matisse, est d’ailleurs puissamment contrebalancée par la force de l’instinct qui a présidé à leur conception. Entre techniques anciennes et nouveautés, matériaux luxueux et éléments plus usités, sacré et profane, c’est tout en contrastes que se dévoile l’univers de Béatrice Demory-Lemai…

 

         L’artiste est née à Roubaix dans une famille de tapissiers-garnisseurs ; trois générations se sont ainsi succédées dans l’atelier paternel, où Béatrice grandit librement, fascinée par le savoir-faire dont elle comprend très vite qu’il s’acquiert dans la maîtrise et le respect du travail bien fait. De son enfance heureuse et ouverte sur le monde, de ses premières armes créatrices, Béatrice retiendra l’essentiel : l’art fera désormais partie intégrante de sa vie.

Son parcours le souligne, dans toute sa liberté : des études agricoles, des petits boulots, un bref crochet par le secteur médical (la maïeutique ne se serait-elle pas imposée à elle comme une pratique aux frontières de l’artistique ?), et enfin, des études aux Beaux-Arts de Cambrai en 1985. Diplômée d’art graphique, Béatrice commence par envisager une carrière dans la publicité, avant de se raviser : ce sera l’enseignement, mais dans un équilibre maîtrisé entre le système et l’atelier.

Ce grand écart entre institution et création, nécessaire à son épanouissement, enrichit son enseignement tout en l’ancrant dans le concret. Les arts du feu, céramique et vitrail, qu’elle pratique quasi-quotidiennement, stimulent son imaginaire et affinent sa pratique. Mais là où nous, spectateurs, pourrions ressentir la dualité entre la transparence colorée du verre et la lisse opacité de la céramique, Béatrice ne conçoit que la continuité. Les techniques, pour différentes qu’elles soient, s’abordent pour elle de la même manière : de la réaction première à l’interaction, puis, en définitive, à l’appropriation totale.

 

         Béatrice fourmille de projets, de la création d’un vitrail pour une église, à la présentation d’une sculpture contemporaine dans le cadre d’un prestigieux concours. De commandes en objets uniques, de restauration en conception, sa créativité insatiable n’en finit plus de trouver de nouveaux terrains de jeux…

Si nous nous penchons, avec la curiosité du profane, sur les techniques utilisées par l’artiste, les noms de grès, de terre chamottée, de faïence, d’émail ou encore de biscuit s’imposent à nous comme autant de découvertes : prenons-donc le temps, avant d’en comprendre le travail spécifique, d’admirer les variations de la terre et de ses nuances, de son grain, de son velouté parfois. Comparons les effets des cuissons, uniques ou successives, qui laisseront chacune leur empreinte sur la matière. Prenons conscience, surtout, de l’infini patience qu’il faut à l’artiste qui travaille l’objet en raku selon des techniques ancestrales, du modelage à l’enfumage, en passant par les cuissons et la dépose dans la sciure, qui produit ces craquelures caractéristiques. Chaque étape a son importance, et chaque variation, même la plus infime, impacte le résultat. L’artiste s’en accommode, et au fond s’en réjouit : la liberté, toujours, aura le dernier mot.

Et que dire du vitrail ? Là encore, tradition et modernité se confondent pour accompagner la naissance de l’œuvre, et les contrastes, à nouveau, s’en mêlent… Des verres structurés, des verres « cathédrales » aux couleurs pures, des verres luxueux importés d’Amérique, se côtoient entre les baguettes de plomb soudées à l’étain. La dentelle se dévoile pudiquement dans son écrin transparent, les cabochons reluisent avec fierté aux quatre coins d’un cadre, et l’écriture fait son apparition, minutieux travail de pinceau tout droit venu d’un scriptorial des temps jadis…

 

         Les œuvres de Béatrice nous interpellent et stimulent nos sens : des bustes féminins déclinant les modes d’appropriation du corps, une boîte aux courbes dansantes inspirées d’un évangéliaire médiéval, une présentation de tasses « imbuvables » dignes de l’imaginaire de Lewis Caroll, ou encore des tableaux de céramique hérissés de pointes grouillantes, sortes de concentrés de vie sous-marine…

Les formes s’épurent, s’allongent, se ramassent sur elles-mêmes, mutent, muent, et conjuguent la thématique de l’anamorphose et de la transformation. Ce mouvement perpétuel pourrait nous effrayer : mais, dans notre univers instable, les parenthèses de beauté qui nous sont offertes ne sont-elles pas, toujours, soumises à la mutabilité du monde ? 


Découvrez le travail de Béatrice Demory-Lemai sur son site : https://beatricedemorylemai.jimdo.com/